Ouais enfin, pas vraiment. Chez
Myspace(c)
tout est pourri ; du concept au proprio. Un site de rencontre qui
sponsorise l'hébergement et la bande passante de quelques
méga-octets de données en bombardant de publicité
les
visiteurs et en monétisant les données personnelles de
ses membres tout en engraissant son gros faf de propriétaire ;
il n'y a pas grand chose à sauver de ce concept
vérolé jusqu'au trognon. Mais il y a un lecteur mp3, et
toute la paresse intellectuelle caractéristique des temps
modernes s'est cristallisée dans ce foutu lecteur mp3.
Grâce à Myspace(c) un groupe peut faire découvrir
sa musique au monde entier. Faux-culterie aussi flamboyante qu'un
discours de Besson, aussi émétique. Mais comme on ne peut
empêcher les mouches d'aller sur un pot de confiote, on ne peut
empêcher un groupe -aussi conscient, engagé, blabla qu'il
se prétende- d'aller se pavaner sur Myspace(c), entraînant
au passage l'inscription de ses fans qui n'y étaient pas encore.
Racolage actif et totalement bénévole.
Et comme moi ça m'emmerde,
mais à point que vous n'imaginez même pas, de devoir aller
me farcir de la pub agressive (tout participant à l'augmentation
du trafic sur ce site perrave), pour découvrir tel "morceau
inédit" (parce que oui, d'un côté les groupes
minaudent "
je sais Myspace(c) c'est
pas bien, on est au courant on cherche à s'en passer", et
de l'autre ils réservent tous leurs inédits et
nouveautés aux visiteurs de leur pagedemerde) ou telle
démo de ce nouveau groupe. C'est bien simple, en quelques
années, le web est devenu Myspace(c). On ne dit plus "t'as un
site web" ? mais "koi, ta pa encor de myspace?". Et pourtant personne
ne nous y a obligé. Non, c'est tout seul comme des grands que
nous avons restreint notre diversité internaute à une
marque américaine de réseau social. T'es pas sur Myspace,
t'existes pas. Débillissime.
Mais le pire. Et finalement le
plus drôle quand on y pense. Ce sont les adeptes du DIY. Do It
Yourself. Tous nos vaillants groupes anarcho-punks qui ne cessent de
prêcher l'alternative et l'auto-émancipation. Sur
Myspace. Un outil pour teubé qui conforte l'utilisateur dans son
incompétence vis à vis du web. Le "
knowledge is power" s'est
transformé en "
stay weak".
Je ne sais pas si c'est drôle, ou si on doit en pleurer, mais
c'est un fait, en l'espace de quelques années les internautes
ont tout désappris. Il y a dix ans le net était
infesté de jackys et de neuneus qui pondaient des pages web
insipides pour nous narrer les gargouillis du bébé et les
galipettes du chat. Qu'est-ce qu'on a pu se foutre de leur gueule.
Ouais. Mais chacun de ces neuneus possède plus de connaissance
du net que l'immense majorité des prétendus adeptes du
DIY ! En cinq ans nous avons brutalement tout désappris.
Submergés de gadgets et de sites prémâchés,
nous
remplissons des formulaires d'inscription quand, quelques années
plus tôt, nous aurions du apprendre à faire du html
et poser des scripts sur un hébergement web pour obtenir la
même chose. Paresse intellectuelle payée au prix fort par
la cession de nos données personnelles et une invasion
publicitaire intrusive sans précédent. Le web 2.0 qu'ils
ont appelé ça. A juste titre ; un web de zéros. Un
web de consommateurs de gadgets qui a troqué son amour-propre
pour un pot de confiture sponsorisé.
Ca fait un bail que je cherche un
moyen de "remplacer" Myspace(c). Pas de faire un clone libre. Un
réseau social centralisé, communautaire, etc, ça
ne m'intéresse pas ; je ne veux pas participer à
l'infantilisation générale. Je voulais juste faire un
script relativement simple à installer et à alimenter,
qui réponde aux besoins vitaux des groupes. On se sort les
doigts du cul pour l'installer, sur son hébergement à soi
(ou on se fait aider, les potes qui connaissent c'est pas ce qui
manquent dans le milieu), on affine les templates, et ensuite on touche
plus au code, on alimente le site par une interface prévue pour.
J'y suis jamais arrivé parce que j'ai pas les
connaissances suffisantes ni le temps nécessaire à y
consacrer. Je voulais un truc simple à installer pour la partie
"site" ; tous les scripts auxquels je me suis intéressé
ont
été abandonnés (j'avais pas mal avancé sur
Simple Blog, on y trouve les
rubriques nécessaires et le player), ou alors un peu limite pour
ce que je voulais faire (comme "
plook",
qui lui pourra servir éventuellement de "carte
d'identité"). Idem pour la partie "
Raïa", pendant libre des
"friends" de Myspace(c) ; j'aurais bien adapté plus en avant
Grégarius, mais
bon, quand c'est mort, c'est mort.
Et puis récemment j'ai fait un
site rapidos pour les Dirty Bastards On Speed. L'occasion
rêvée pour un crochu comme moi de reprendre mes vieux
réflexes d'automatisation (si une tâche est
répétitive, c'est qu'elle peut être
automatisée) (je déteste refaire la même chose).
Quitte à faire un site web, autant essayer de concrétiser
cette vieille lune de
dawaspace.
Alors ce coup-ci je suis parti sur du
solide ; c'est à base de
spip.
Alors forcément à installer, faut un minimum de
débrouillardise. Mais c'est quand même super bien
documenté. Une fois le spip installé, on charge les
rubriques prédéfinies (un fichier dump livré dans
le kit, c'est l'affaire de 3 clics). Et ensuite faut changer la
bannière, et faire mumuse avec la feuille de style pour
s'approprier le site. Une fois la déco terminée, tout
s'alimente (les textes, les mp3, les videos) par l'interface
d'administration.
Pour les
Dirty Bastards,
ça donne
ça. Pour les
dAHUs,
chez qui le template est le même,
ça donne ça.
Et chez les
MollyMcHarrel, qui
sont en train de m'aider à faire évoluer le script (en
fait le
squelette,
parce que je touche pas au code, c'est le deal, comme ça on
upgrade sans problème),
ça donne ça.
Tout ce beau monde est hébergé par La Balayette, mais un
spip ça s'installe partout.
Si ça en interesse certains d'entre vous,
n'hésitez pas à demander
à jouer les cobayes (et si vous voulez filer un coup de
main pour le dev alors là, welcome :o)). Pour l'instant je n'ai
aucune idée du temps que va prendre la suite des
opérations, mais je vais ouvrir un forum histoire de pas laisser
perdre les infos et les demandes qui m'ont été faites.
Ce sera tout pour aujourd'hui. En vous remerciant.