Les Medef c'est un peu comme l'inquisition
espagnole, ils débarquent quand on s'y attend pas.
Selon des sources proches de l'enquête, les CDs seraient dans un
carton et les livrest dans un autre ; la main d'oeuvre roumaine qui
devait faire l'assemblage ayant été
délocalisée au pakistan les cartons ont été
retournés dans leur état d'origine à notre
Medef hexagonal qui va devoir palucher la finalisation avec leur
propres mains (à quoi ça sert de mondialiser la
production si c'est pour tout faire soi-même, sans
déconner mais que fait Strauss-Kahn?)(tout compte fait on veut
pas savoir). D'ailleurs vous pouvez écouter les source proches ici(*), et
franchement ça vaut le coup d'oreille. Metaphysical punk,
est donc le cinquième alboum des Medef Inna Babylone,
avé 21 titres (dont une reprise de "la fille du coupeur de joint" qui
est d'ores et déjà promis à un bel avenir de
running gag), structuré autour d'un concept basé sur les
langues et les cultures, bref, j'ai hate de l'avoir entre les pognes.
Et c'est pas impossible que je vous en recause sous peu ; la virée
agenaise s'avérant de plus en plus probable pour ma pomme.
En attendant, sachez que le morceau introductif s'appelle "l'empreinte
écologique", et que le clip qui l'accompagne,
réalisé par le sieur Tristelune, est tout simplement
magnifique (je ne l'ai pas -encore- mis sur Youteub parce que le format
d'origine est du mp4 et que la conversion en flv est
hideuse).
Pour commencer, un extrait explicatif tiré de l'émission
Earplug (*), suivi du clip qui déchire sa mère (la terre).
Itw Medef Inna Babylone - Earplug 08/06/09
Un morceau en chinois dont le titre veut dire "quelle est ton empreinte écologique ?"
A la première écoute de
l'album, sans les textes sous les
yeux (ce qui est somme toute relativement raisonnable lorsque l'on a un
volant entre les mains), on a quand même cette vague impression
qu'entre dans nos écoutille un torrent de punk à roulette
sur lequel vient se poser le flow vocal si particulier de Alex ;
ça
dépote, mais c'est un poil monotone. Sauf pour un morceau qui
casse le
rythme général, Vie de
merde, et qui est un titre assez
curieux. Vie De
Merde semble faire écho à Surdose de
l'album Plastic
Bag Insight de Diégo
Pallavas, on y retrouve la même
définition d'une vie de merde, à base de
consumérisme et d'individus transformé en sucette Decaux.
Chez Justin(e) ça
commence façon Cadavres "Avec
Citröen finis les problèmes/ Avec Banania finie l'omerta
[...] et en cadeau bonus une belle grosse vie de merde" et chez
les
Diégo "Surdose de
publicité pour combattre nos pensées/
Et ne pas regretter la vie de merde qu'on va passer", et quand
on
s'aperçoit que Batbat (parolier chanteur de Diégo
Pallavas) vient faire les choeurs sur ce morceau, on se dit que la
coïncidence n'est carrément pas de mise. Et donc, hormis ce
titre, l'ensemble de l'album reste à mon sens relativement sans
relief, ce qui n'est pas en soi un reproche ultime ; quand on fait un
style de zique, ça semble pas délirant que les morceaux
finissent par se ressembler. Je trouve juste dommage que les textes
ciselés et signifiants d'Alex ne soient pas mieux mis en valeur
musicalement. Techniquement Justin(e)
c'est du spoken word
frénétique sur du punk west coast, et c'est vrai que
chaque morceau pris séparément, ça déchire.
Cet album il faut l'écouter par petits bouts, on savoure
carrément mieux chacun des titres. Si on prend le livret (on va
dire que je me suis garé sur une
aire de consommation et que je déglutis un triangle dont
j'ignore s'il a bien reçu l'approbation des autorités
compétentes), on tombe direct sur une tronche en gros plan qui
signe l'artwork général, genre galette des années
70, avec à chaque page le casting qui reprend la pose (et la
pilosité) de la couverture. Et la couvrante donne le ton, rien
qu'à la voir on se pose moult questions, et on a pas fini
à la lecture des textes. Accident numéro 7... moui...
ça
veut dire quoi ça ? Parce que si vous comptez trouver une
explication quelconque à l'intérieur, vous pouvez vous
gratter. On saura pas ce que c'est que cette tronche en gros plan aux
couleurs surannées (et qui donne plus à penser
qu'on va écouter un chanteur mort il y a vingt ans qu'un
groupe ponke des années deux milles), pas plus que la
signification de ce "accident numéro 7".
C'est un peu casse-noix
ce genre d'obscurité parce qu'on sait pertinemment que tout cela
n'est pas le fruit d'un bad trip sous ecsta, et donc forcément
quand la signification nous échappe on se sent super con. Et
disons le clairement, rien que la pochette, moi, elle me fait me sentir
con. L'album démarre avec un titre
qui reprend celui de l'album (mais
n'en fournira pas l'explication pour autant, faut pas
déconner). L'individu formaté dans un Etat
totalitaire et planificateur. Il se termine ainsi, sur un break
plutôt sympathique d'ailleurs, "Mais personne non personne, pas
même l'Etat le plus centralisé/[...]n'est le maître
absolu de ses plans". Accident numéro 7, c'est pitêtre
l'erreur de manipulation dans l'incubation (c'est pas sale) de Bernard
Karl Marx dans le meilleur des mondes. Mais j'ai carrément la
flemme de relire Huxley pour vérifier que je viens de dire une
connerie. Ca enquille avec "Festen",
référence
cinématographique adéquate pour parler du bonheur
familial : "c'est en visant un amour
hollywoodien que tu t'es
retrouvé une fois de plus à Bagdad". Avec cette
petite
musique philosophique de fond récurrente ; la mainmise de l'Etat
sur les diverses composantes de la société, ici la
cellule familiale "A vrai dire dans
cet Etat il y'en a des tonnes
comme toi/ La famille, Irène, tu sais c'est jamais vraiment la
joie". Tu m'étonnes... "Des ciseaux et une photocopieuse"
nous
cause un peu de lutte des classes, mais surtout de
société formatée. S'ensuit un départ
batterie et une rafale de "hey! hey!"
(le hey! hey! est un peu aux
groupes de djeunz ce que le oi! oi!
est à nos skinneries
préférées). Plus
de cerveau / Plus d'Estomac,
c'est une 1min29 pour décrire la mort de l'ogre qui nous
gouverne "Plus de division du
travail, plus d'atomes, seulement des
collectifs". Oui, oui, vous avez bien lus, il y a un objectif,
une
utopie, que dis-je, pratiquement une proposition !! "Seulement
des collectifs". Certes c'est pas encore le Manifeste du parti
communiste, mais ça fait office de bulle d'oxygène dans
cette avalanche descriptive et analytique de notre
société pourrie. Un album de Justine c'est un peu comme
la "société du pestacle"
; c'est une analyse de la
société qu'on comprend pas tout, et où qu'on a
très peu
de solutions. Mais c'est vachement bien.
Je passe sur Hors sujet, qui
lui a peut-être été
écrit sous ecsta (tout compte fait). Bon, je vais pas faire la
totale des morceaux, il y'en a quinze, bourrés de phrases qui
tuent et de locutions super aiguisées. Et outre disserter sur le conformisme
poissard et la pression étatique, Justin(e) osent ce que les
Zabs n'avaient jamais osé ; nous causer football. C'est marrant
mais c'était peut-être pas la peine d'en faire deux
morceaux (enifn bon, les goûts et les couleurs).
Pour moi, deux morceaux sortent du lot.VDM
clairement. "Et en cadeau
bonus, les producteurs de perdant vous offrent tout leur mépris
et des chèques restaurant". C'est typiquement le genre de
phrase
qui, à mon sens, place Alex parmi les meilleurs paroliers. Et
"Che vuoy ?",
un ryhtme effréné, des hey hey qui percutent, une
histoire de formatage -comme toujours- et d'amour, "du sperme et du
sang / de la camomille et du flan", deux minutes seize de
bonheur dans
la gueule.
Justin(e) - Accident n°7
Vie De Merde Et en cadeau bonus :
Une belle grosse vie de merde
Une belle bonne grosse vie de merde..
Justin(e) - Accident n°7
Che Vuoi? Du sperme et du sang,
De la camomille et du flan,
De la tendresse et des clamants
Justin(e), "Accident n°7". Sorti chez Guerilla Asso et Crash
Disques.