Comme ça, de base, je ne suis pas fan des reformations. J'ai raté celle de Parabellum à Marmande ; ça m'a fait un peu chier. J'adore Parab. Enfin le Parab époque GVI, après Bordel Inside, c'est quand même bien parti en sucette. J'ai raté toutes celles des Cadavres (y compris la dernière en date), et bon, ça m'en touche une quoi. J'ai carrément boycotté celle des Béru aux transmusicales. Mais Heyoka aux Tanneries, chez eux, à Dijon, là je ne pouvais pas rater ça. Cette galette "Demaine sera.." ("...ce qu'on fera" répond le livret interieur) est LA galette ultime de l'anarcho-punk ; quatorze titres sans concessions contre toutes les ignominies du système, de l'apologie de la marge au soutien des luttes zapatistes en passant par l'éloges des squats et du spectacle de rue, la bourse en prend plein la gueule sous les "cris de colère d'une jeunesse en proie aux actions meurtrières". Ca cogne d'autant plus fort que chaque titre est ciselé comme un hymne, avec ses passages choraux dignes des meilleurs Bérus.
Ca promettait d'être de la folie.
Ca l'a été.
Ce fût énorme (et Yanic qui est rabat-joie de première qualité ajouterait "entre les creux", parce que oui y'a eu des cordes pétées et donc des creux dans le set, mais ça permet de reprendre son soufle et c'est très bien comme ça) (et ouééé).

Cela a demarré par Déviance(lyrics), dont le final aura coupé le sifflet karaoké du public vu que Sister ré-attaqua le couplet final alors qu'on l'avait tous déjà bien entamé...



Le set a failli se terminer par Quartier Sauvage, comme un cri de rage en soutien aux Tanneries, mais Sister en a décidé autrement (elle à l'air d'avoir un sacré caractère la miss) et ce sera finalement  El Pueblo qui aura l'heur d'hanter nos tympans une fois le concert achevé (et une bonne partie du public aussi). Mais celui-là je ne l'ai pas filmé ; je me laissé allé à la communion pogotique.