Jul sérieux, j'espère que t'as pondu un nain d'au moins 5 kilos pour 70cm ! C'est le minimum syndical si tu veux que je pardonne l'absence des Medef Inna Babylone sur la prairie du Pont Canal samedi soir à Agen.Certes je t'avouerai qu'on a fini par rigoler. De toutes façons c'était ça ou les larmes ; la subtile programmation du Roger Petit Fest ne nous laissant guère le choix.
On a ramené nos pruneaux (idiotisme local) vers 22h et déjà, en arrivant, on a immédiatement pressenti que la soirée serait rude ; sur scène un groupe de pop gonflante gonflait, et derrière un groupe de métal préparait son matos. La soirée nous promettait un éclectisme,disons, certain. En fait c'est en cherchant les Medef (et il aussi à éviter les décibels popisant), que nous sommes tombés sur Titou, guitariste inépuisable des ex-capsicum et des non-ex-Yearn-for-change qui allait prendre la relève scénique dans une dizaine de minutes. Yearn for change c'est du vrai métal avec des guitares improbables, des voix d'outre-tombe et des soli interminables. Rijolo.
Puis vint le tour de Cartouche. Je comprends toujours pas comment un all-star band issu de Kochise, Mascarade, Raymonde et les blancs-becs et Ya Basta peut accoucher d'un mixture musicale aussi mollassone. Mais soyons honnête ça le fait bien quand même ; il y a des temps forts qui viennent remettre un coup de fouêt et finalement le set passe comme une lettre à la poste. Non je ne vais pas jouer les critiqueurs (de paris) aigris par la défection de son groupe tant espéré, et ne vais point me vautrer dans le débinage hâtif de ce festival au demeurant fort sympathique.Car comme ils disent sur Indymedia : "Sur l'herbe chaude et sous le soleil, sous un ciel bleu d 'été, on boit déjà, on converse, on aime, on rencontre. Le soleil à peine couché, les tables de presse des groupes sont installées, on y vend des livres, des films, des tee-shirt. On découvre peut-être le syndicalisme de la C.N.T, la ligne politique de la Fédération anarchiste ou d'Alternative libertaire". Je ne connaissais pas cette manifestation sur la prairie du Pont-Canal (le lieu est vraiment chouette, de la pelouse, en pente avec la scène en contrebas, comme ça même de loin on peut bien voir, c'est super agréable, y a pas à dire), ni d'ailleurs ce Roger Petit ; "On vit rarement, à Agen, un homme qui ait tant oeuvré pour la jeunesse. A l'heure où on l'encage et la suicide, où on lui ment et l'humilie, où on la surveille et la punit, où on l'oblige à renier sa force vitale par un engagement, sans alternatives et sans retours, dans des filières de plus en plus corrompues et qu'on le fait avec arrogance, à l'ombre des miasmes protocolaires des oligarques, un homme de 80 ans porte sur de plus jeunes un regard humain. C'est un peu l'air frais réclamé par Annie Le Brun et un espoir." Ouais enfin, l'air frais ce soir il trimballait un forte dose de substance qui rend con, et la jeunesse humiliée s'est bien vengée sur la pelouse à coup de canettes de Kro et de bouteilles diverses. Je ne sais pas si elle s'était bien imprégnée de lecture syndicaliste dans la journée, mais la nuit venant y a eu comme qui dirait un lavage de cervelle. A Géraldine (Cartouche) qui expliquait la nature féministe de son prochain morceau, une demi-douzaine de beaufs déguisés en neo babos lui répondait "A poil ! A poil !".
Supaire.
Et à part fumer du truc qui rend con, pourrir la pelouse, crier "A poil" et montrer son cul ? Ah ben elle montre aussi sa bite. Mais pour ça il faut attendre le set d'Askatasuna, qui terminera la soirée en feu d'artifice de finesse et de bon goût. Les locaux de l'étape ont commencé par un petit jeu viril avec le public ; le chanteur les traite de con et de moches, le public répond par des jets de bière et de canettes. S'ensuit ; un set complètement foireux où l'on se demande si les zicos jouaient vraiment ensemble, une petite blague pédophile en hommage à michael jackson immédiatement suivie d'une dédicace aux antifascistes mort pour la lutte (antifasciste), et un public envahissant la scène dans le seul but de montrer son anatomie génitale (et son cul).Leurs titres phares "Jeunesse rouge" ("jeunesse qui bouge/ jeunesse noire pleine d'espoir" (et d'alcool)), et "Nazis au goulag", qui seront massacrées deux fois chacune (Finkielkraut avait raison, l'antifascisme fait beaucoup de dégat) (musicalement en tous cas).


Une bien belle soirée.

Merci donc aux Medef de nous avoir HONTEUSEMENT fait croire qu'ils viendraient jouer à ce festival, dans le SEUL et UNIQUE but de nous y attirer (pour des raisons qui pour l'instant me sont parfaitement obscures mais dont je ne doute pas de parvenir à trouver l'éclaircissement) (je me demande si la phrase précédente est bien correcte). En attendant je suis reparti brocouille comme on dit à Agen (ou pas), sans mon album des Medef. Si on peut même plus avoir confiance dans le patronnât de son pays....